Pour les agences
Travailler en marque blanche : les 7 règles à exiger de votre sous-traitant
« Marque blanche » est écrit sur toutes les pages de sous-traitance web. La formule est devenue si courante qu’elle ne dit plus rien de précis, et une agence ne découvre ce qu’elle vaut qu’au jour où son client tombe sur une trace.
Voici les sept règles qui la rendent réelle, vues par celui qui les applique. Chacune est vérifiable, et je donne plus bas la façon de les contrôler en dix minutes sur un livrable. Je les applique comme sous-traitant WordPress des agences de communication.
Pourquoi ces règles comptent plus qu’un discours
Une agence qui sous-traite vend sa compétence et son accompagnement, et la production fait partie de ce qu’elle promet. Elle protège la simplicité de la relation avec son client : un seul interlocuteur, une seule facture, un seul responsable.
Chaque trace laissée par un sous-traitant complique cette relation. Elle ne révèle rien de grave, mais elle oblige l’agence à expliquer une organisation que son client n’a pas demandé à connaître.
Je considère ces sept points comme une partie de la prestation, au même titre que le code livré.
Les traces techniques : code, emails, environnements
1. Aucune trace dans le code
C’est la règle la plus évidente et la plus souvent trahie, parce que les traces ne sont pas là où on les cherche.
Le pied de page, tout le monde y pense. Le reste, beaucoup moins : l’en-tête du fichier style.css d’un thème, qui porte un champ Author affiché dans l’administration de WordPress. Les commentaires laissés en haut des fichiers PHP. Le readme d’une extension développée pour le site. Les messages de commit si le dépôt est transmis. Les noms de classes CSS préfixés au nom d’un prestataire.
Un client qui ouvre l’onglet Apparence de son WordPress lit le nom de l’auteur du thème. Si ce n’est pas celui de son agence, la conversation est lancée.
2. Aucune trace dans les emails techniques
Un site envoie des emails que personne ne relit : la confirmation de formulaire, l’alerte de mise à jour, la notification de nouveau compte, la réinitialisation de mot de passe.
Ces messages partent avec l’adresse d’expédition configurée dans WordPress et avec l’adresse de l’administrateur enregistrée à l’installation. Si le site a été monté par un prestataire, ces deux champs portent souvent son adresse pendant des années.
La règle : ces deux adresses portent le domaine de l’agence ou celui du client, jamais celui du sous-traitant. Cela se vérifie en trente secondes dans les réglages généraux.
3. Aucune trace dans les environnements de travail
La version de test est un point aveugle. Elle vit souvent sur un sous-domaine du prestataire, avec son nom dans l’adresse, et l’agence la partage à son client pour la recette.
Le lien que le client reçoit doit être neutre, ou porter le domaine de l’agence. C’est aussi vrai pour les outils de suivi : si le chantier est piloté dans un Trello ou un Notion, c’est celui de l’agence, avec ses comptes, et non un espace du sous-traitant auquel on invite tout le monde.
Je travaille dans vos outils pour cette raison, et pas seulement par confort. Un chantier qui vit chez vous ne laisse rien traîner ailleurs.
La relation : votre client, vos documents
4. Aucun contact avec votre client sans votre accord
Le raccourci est tentant quand il manque une image ou qu’un accès FTP ne répond pas. Il coûte cher quand l’agence ne l’a pas décidé : le client prend l’habitude d’écrire à quelqu’un d’autre, et l’agence perd le contrôle de ce qui se dit et de ce qui se promet.
La règle : c’est l’agence qui décide, projet par projet, si son sous-traitant parle à son client. S’il ne doit pas le faire, toute question passe par elle, même si la réponse prend une journée de plus. S’il le fait, l’agence est en copie de tout échange, et il ne parle jamais de prix.
5. Le nom porté par chaque livrable est écrit d’avance
Le site n’est pas le seul livrable. Il y a le document de recette, le document de formation, le rapport mensuel de maintenance, la note écrite après un incident.
Ces documents circulent, souvent plus que le site lui-même. L’agence doit savoir, avant le premier lot, lesquels portent le nom du sous-traitant et lesquels n’en portent aucun, pour ne jamais être surprise devant son client.
La règle : le nom porté par chaque document est décidé avant le premier lot. Chez moi, le site ne porte mon nom que si vous le voulez. Le rapport mensuel de maintenance de parc et le rapport d’audit sont signés Antworks, ou à votre marque si vous le préférez : votre logo, vos couleurs, votre nom. En mode coulisses, ils ne sont adressés qu’à vous.
Les engagements écrits : portfolio et non-sollicitation
6. Le portfolio du sous-traitant ne montre vos projets qu’avec votre accord
Celle-là se règle avant le premier lot.
Un sous-traitant qui publie ses réalisations finit par publier les vôtres. Le client les trouve en cherchant son propre nom, et il découvre que son site figure dans le portfolio d’un tiers.
La règle : un projet fait pour une agence ne sort nulle part sans son accord, ni en réalisation, ni en capture d’écran, ni en exemple dans un article. Un accord de confidentialité la met par écrit si votre client l’exige, et il se signe avant le premier brief.
7. La non-sollicitation, écrite
C’est la règle dont personne ne parle et qui décide de tout le reste.
Un sous-traitant qui connaît vos clients pourrait leur écrire. L’engagement doit exister sur le papier, et plus seulement dans les intentions. Un paragraphe suffit : le prestataire s’interdit de démarcher les clients de l’agence, pendant la mission et après.
Dans mon cas, c’est écrit sur chaque devis : aucune proposition à votre client, ni pendant le projet, ni pendant 24 mois après. Si votre client me contacte directement, je vous préviens, et je refuse sans votre accord.
Accès et licences : la règle qui s’ajoute aux sept
Moins visible que les sept autres, elle se manifeste souvent des années après.
Un prestataire qui achète une licence d’extension premium à son nom pour le site de votre client crée une dépendance. Le renouvellement passe par lui, les mises à jour de l’extension aussi, et le jour où la relation s’arrête, l’extension cesse d’être mise à jour sans que personne le remarque.
Même chose pour l’hébergement ouvert au nom du prestataire, pour le nom de domaine enregistré sur son compte, pour le dépôt de code hébergé dans son espace privé. Rien de tout cela n’est malhonnête, c’est simplement plus rapide au démarrage. Cela devient un problème le jour du changement, et ce jour arrive toujours.
La règle : les comptes qui portent une valeur ou une échéance sont ouverts au nom de l’agence ou de son client. Le prestataire y accède, il ne les possède pas. C’est ce que j’applique sur l’hébergement, que je conseille et où je mets en ligne, mais dont le compte reste au nom de l’agence ou de son client.
Comment vérifier les sept règles en dix minutes
Ces contrôles se font sur n’importe quel livrable, sans compétence technique particulière.
- Le pied de pageJusqu’en bas du site, mentions légales comprises.
- Apparence, puis ThèmesLe nom de l’auteur du thème actif, dans l’administration.
- Réglages, puis GénéralL’adresse email d’administration.
- Le code sourceUn clic droit, afficher le code source, puis une recherche du nom du prestataire. Les commentaires laissés dans le code s’y voient.
- Les extensionsL’auteur de celles développées pour le site.
- Un email de testEnvoyé depuis le formulaire de contact, pour lire l’adresse d’expédition qu’il porte.
- Le site du prestataireVos projets n’y figurent que si vous l’avez accepté.
Si les sept contrôles passent, la marque blanche est réelle. Si l’un échoue, il se corrige, et c’est une conversation normale à avoir avec un prestataire.
Deux façons de travailler avec votre sous-traitant
La marque blanche complète est l’un des deux modes. Avec les agences, je les propose projet par projet, et le mode choisi est écrit sur le devis.
| Face à votre client | Échanges | Documents | |
|---|---|---|---|
| En équipe | présenté comme le partenaire technique de votre agence | en direct, vous en copie | site sans mon nom, rapports signés Antworks ou à votre marque |
| En coulisses | jamais | uniquement avec vous | site sans aucune trace de mon intervention, rapports adressés à vous seul |
Face à votre client
- En équipe
- présenté comme le partenaire technique de votre agence
- En coulisses
- jamais
Échanges
- En équipe
- en direct, vous en copie
- En coulisses
- uniquement avec vous
Documents
- En équipe
- site sans mon nom, rapports signés Antworks ou à votre marque
- En coulisses
- site sans aucune trace de mon intervention, rapports adressés à vous seul
Les règles sur le code, les emails, les environnements, le portfolio, la non-sollicitation et les comptes valent pour les deux modes. La quatrième s’adapte au mode, et c’est vous qui le choisissez. Ces engagements figurent sur chaque devis, avec les autres détaillés sur la page sous-traitance WordPress pour agences. Ce que je prends en charge est sur la page Renfort développeur, et les prix sont sur la grille publique.
Un projet à confier ? Devis ferme sous 24h ouvrées, et le premier projet se paie à la livraison.
Envoyer un briefÀ lire aussi
- Pour les agences
Vendre un site internet sans développeur dans son agence
Une agence sans développeur peut vendre des sites en gardant le brief, la création, la relation et le devis, et en déléguant la technique à un prix de…
- Pour les agences
Rendre un site WordPress vraiment responsive
La méthode d’un intégrateur pour un responsive qui tient : points de rupture choisis sur le contenu, images, typographie fluide, et la recette réelle.
- Pour les agences
Sous-traiter la maintenance WordPress
Quand une agence délègue la maintenance de son parc, comment se passe une reprise, et les six points à vérifier avant de signer avec un sous-traitant.
